À M. Gaudin, Ingénieur en chef à l'île Bourbon


I

Salut, beau lac d’azur, dont l’onde paresseuse
Caresse en murmurant sa rive harmonieuse !
Dans ton sein calme et pur comme un vaste miroir
Le ciel aime à mirer les étoiles du soir ;
Et, dans son vol léger, la joyeuse hirondelle
Aime à toucher tes flots du duvet de son aile;
L’oiseau capricieux, en son rapide essor,
Les franchit d'un seul trait pour les franchir encor,
Sur ton sein endormi se berce et se balance,
Et cent fois dans les airs en se jouant s'élance.
On dirait cet insecte aux brillantes couleurs,
Qui promène en tous lieux ses volages ardeurs,
Passe, comme un zéphyr, de corolle en corolle ,
Et, fécondant les fleurs de son amour frivole,
Boit leur suave haleine et leurs gouttes de miel,
Et, sylphe aux ailes d'or, remonte vers le ciel.



Auguste Lacaussade
Poète français (1815 - 1897),
Les Salaziennes, 1839





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